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“Apprendre à devenir adulte”… un titre bizarre ? Pas tant que ça. Je vous explique. Je suis tombée sur un article présentant un ouvrage de 2007 du professeur Robert Epstein (ex-rédacteur en chef du magazine Psychology Today, aux Etats-Unis). Le titre de l’ouvrage, traduit en français, donne quelque chose comme “Plaidoyer contre l’adolescence : redécouvrir l’adulte dans chaque ado”. Alors du coup, voici un petit résumé de la pensée de Robert Epstein.

 

Pourquoi apprendre à devenir adulte ?

D’après Epstein, on s’intègre à une communauté grâce à la socialisation qui permet à chacun de comprendre et d’enregistrer les codes de la société dans laquelle on évolue, pour mieux y vivre et s’y épanouir. Epstein pose la question : “À quelle communauté voulons-nous que nos enfants s’intègrent” ? À celle qui classe les enfants par âge (c’est-à-dire l’école) ? Ou à la communauté à laquelle ils appartiendront toute leur vie (c’est-à-dire la société) ?

Pour vivre dans la société en tant qu’adultes, les enfants doivent apprendre à devenir adulte.

 

Pourquoi notre société occidentale n’apprend-elle pas aux enfants à devenir adultes ?

Aujourd’hui, les jeunes apprennent tout ce qu’ils savent des autres jeunes du même âge, et de ce qu’ils voient à la télévision ou sur Internet. Les médias, la mode, tout est fait pour les influencer dès leur plus jeune âge. Et au lieu d’apprendre à devenir adulte, les ados veulent se séparer des adultes.

Avant l’ère industrielle et la mise en place de l’école telle qu’on la connait, et avant l’utilisation des médias à outrance, les jeunes étaient majoritairement avec des adultes et apprenaient naturellement à devenir des adultes. C’est d’ailleurs toujours le cas dans encore une centaine de sociétés actuelles reculées où la crise d’adolescence est totalement absente.

Le professeur Epstein pense que la majorité des problèmes des adolescents n’existent que parce que la culture dans laquelle ils évoluent ne leur permet pas d’apprendre à devenir des adultes, mais au contraire, les enferme dans une catégorie (“les ados”) qui sont infantilisés et éloignés des adultes. Et il n’est pas le seul à émettre cet avis.

 

Comment apprendre aux enfants à devenir adulte ?

Dans son livre, Robert Epstein donne quelques pistes :

  • L’instruction à la maison permet un enseignement individualisé et une mise à distance plus sécurisante de la culture “ado”,
  • Plus de contacts avec des adultes, pour apprendre mieux, gagner en maturité, et se sentir valorisé, avoir des responsabilités importantes qui révèle l’adulte qui est en eux,
  • Abaisser l’âge obligatoire d’instruction en fonction des compétences de chacun,
  • Plus de libertés pour les jeunes, comme devenir propriétaire, signer des contrats, créer une entreprise, vivre de manière indépendante, et cela sans attendre d’avoir 18 ou 20 ans.

 

Et voici d’autres pistes, que l’on peut mettre en place dès maintenant 🙂

  • Parler aux enfants comme à n’importe qui et pas comme à des bébés.
  • Les inclure dans le fonctionnement de la vie de famille : courses, linge, ménage, rangement, repas (en fonction de leur âge bien sûr). Plus on s’y prend tôt, plus l’enfant gagne en autonomie.
  • Leur apprendre ce que l’école n’apprend pas : gérer des budgets (et avoir un compte bancaire), les impôts, réaliser des projets professionnels sans se sentir limité par l’âge, gérer une maison ou un appart’, comment investir, maîtriser un savoir-faire manuel…
  • Faire partie d’une association pour découvrir le travail d’équipe, l’entraide, le bénévolat, l’engagement et les responsabilités vis à vis des autres.
  • Ne pas se dire que son enfant est trop jeune pour ceci ou pour cela. On se limite parfois, alors que l’enfant est prêt. Comment être sûr ? En parler avec l’enfant, et voir. Tout simplement.
  • Ne pas empêcher l’enfant de vivre. Les erreurs, les bobos, les échecs, les déceptions, le deuils… ce sont autant de choses qui font partie de la vie et qui peuvent être accueillies à leur juste place. On ne peut pas empêcher à l’enfant de souffrir, mais on peut l’accompagner dans sa souffrance pour apprendre à rebondir (c’est ce qu’on appelle la résilience).
  • Faire confiance. Notre enfant n’est pas nous. Il fait ses choix, il a ses passions et ses projets. Nous pouvons l’aiguiller pour lui éviter certaines erreurs, mais on doit respecter ses décisions.
  • Une fête pour l’âge adulte : dans certaines cultures, on fait une fête à un âge précis pour montrer la démarcation entre l’enfance et l’âge adulte. Et à partir de cette date, le jeune fait partie des adultes, officiellement. Pourquoi ne pas reprendre cette belle idée pour mettre en place quelque chose dans notre famille ?
  • Limiter et contrôler les médias : ce que font et ce que portent la majorité des enfants étant dictés par Internet, la Télévision et les Jeux Vidéos, il est plus qu’urgent de limiter le temps sur les écrans et de vérifier le contenu de ce que regardent les enfants.

 

Et vous ? Avez-vous d’autres idées pour apprendre aux enfants à devenir adultes, progressivement et dans un processus naturel ? Donnez votre avis dans les commentaires.

 

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    8 Commentaires. En écrire un nouveau

    • Cette article tombe bien : je suis en pleine réflexion pour mon aînée (6 ans… et déjà un comportement d’ado !!! :P), qui a besoin de plus d’autonomie, de liberté. Je suis toute à fait prête à y répondre, sauf que voilà : je l’ai laissée traverser le village avec un copain (pour aller chercher je ne sais plus quoi chez lui). J’ai rappelé les règles avant (on regarde avant de traverser la route, notamment). Et j’ai observé : ils ont couru tous les 2 comme des fous, et traversé sans faire attention du tout !!!!
      Alors au retour : “Je vois que tu es très contente de toi, mais moi j’ai eu peur. On fait quoi, avant de traverser, même si on est en train de faire la course avec son meilleur ami ? Ben voilà, on s’arrête, et on regarde, à gauche, à droite, à gauche. Et tant pis s’il gagne parce que lui ne s’est pas arrêté. Tu imagines si ce qu’il gagne, c’est de terminer en pizza sous une voiture ?!! Tu as encore besoin d’être accompagnée par un adulte, pour ta sécurité, et la sienne. On verra quand tu seras plus grande pour retenter cette expérience.”

      Et là, bien sûr, la mega crise. Parce que le copain, il va tout seul à l’école, lui… Sauf que si le copain passe sous une voiture, je serais triste, certes. Mais si c’est ma fille, je ne m’en remettrais pas ! J’assume volontiers mon égoïsme… 😛

      Je comprends totalement le besoin de liberté, qu’avait par exemple nos parents, élevés par le village. Mon père, à 6 ans, il faisait 30 km à vélo pour aller dans le village voisin ! Impensable aujourd’hui : car la société a changé, et surtout le contexte. L’espace publique ne l’est plus, depuis que la voiture a priorité. Pour les protéger, les enfants se retrouvent enfermés dans les cages des jardins publiques, et les petits vieux qui n’arrivent pas à traverser assez vite restent chez eux…. J’aimerais bien agir, pour mes enfants et de manière générale, mais je ne suis pas urbaniste ! Alors, je fais quoi, moi, avec mon ado de 6 ans ?!!

      NB : je pense que la catégorisation des enfants va évoluer. Entre parents, on parle souvent du comportement d’ado de nos petits, dès la maternelle !!! Il faut dire qu’ils regardent à 3 ans les films que je ne voyais pas avant 6 ans “à mon époque” : les Disneys ne sont absolument pas faits pour des petits !!!
      Et ils regardent à 6 ans ce qui était réservé aux ados : Vampiro-je-ne-sais-pas-quoi (nous n’avons pas la TV chez nous, mais ça la culture se transmet par les paires à la récré), c’est un soap : l’équivalent des séries d’AB production qu’on regardait au collège…
      Ils regardent quoi, maintenant, les collégiens ?!!! Je ne suis pas sûre de vouloir le avoir… oO

      Bref : on était considéré comme pré-ado au collège, et ado au lycée “dans mon jeune temps…” (j’ai même pas encore 40 ans, c’est pas si vieux que ça, quand même ?!!)
      Maintenant, les enseignants parlent de pré-ado en primaire… On n’est pas sorti des ronces, les parents !!! 😛

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      • Anne-Estelle
        6 mai 2017 8 h 15 min

        Je vous rejoins, la classification “ado” et “pré-ado” démarre plus tôt, justement à cause des médias et de ce qui nourrit et informe nos enfants. Je devrais rajouter dans mon article comme chose à faire pour permettre aux enfants de devenir adultes “limiter les écrans” (Internet, télé, jeux vidéos) et aussi “contrôler TOUT ce que regardent les enfants”. Parce qu’effectivement, tous ces critères de mode vestimentaire, de séries, etc, ce sont les médias qui les dictent. Et plus ça va, pire c’est.
        Pour en revenir au cas de votre aînée, je pense qu’elle a compris la leçon. C’est en faisant des erreurs qu’on fait mieux la prochaine fois. Peut-être faudrait-il lui laisser une autre chance ? Les jours ont passé, vous avez super bien expliqué les dangers et pourquoi vous avez eu peur. Proposez lui une étape intermédiaire. Vous êtes avec elle mais c’est elle qui fait tout, vous êtes en retrait en arrière pour corriger si besoin. Après quelques fois, les réflexes seront bien ancrés et alors vous pourrez à nouveau lui permettre de le faire seule, en sachant que vous observez de la fenêtre ? C’est une idée mais quand on fait confiance et que c’était trop tôt, il ne faut pas faire 3 pas en arrière, juste 1, pour permettre de s’assurer la sécurité et ensuite on propose une nouvelle chance. 🙂

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        • 100% d’accord pour contrôler tout ce que regardent nos enfants… Mais ils parlent entre eux !
          Mes filles n’ont jamais vu plein de films/séries dont elles connaissent les “meilleures” répliquent par coeur… oO

          C’est parfois vraiment compliqué : si un film est prévu pour la pyjama partie chez une copine et que j’y mets mon grain de sel, soit la maman m’envoie bouler, soit se sont les copines que ne veulent pas regarder un “truc de bébé”… Et ma fille m’en veut “à mort” de lui “mettre la honte”… Alors je fais quoi, je lui mets un voile/des oeillères ou je l’enferme ?!! 😛

          J’essaye de prendre les devants, d’avoir un DVD de la médiathèque choisi avec soin quand on va chez des amis, mais c’est un peu lourd, quand même… Et bonjour la spontanéité quand on est invité à l’improviste ! Et si les amis (adultes ou enfants) ne veulent pas de mon choix : je l’impose ? Je claque la porte ? On est loin de la bienveillance, là !
          Or nous ne vivons pas qu’entre clônes : nos amis sont très variés, et les amis de nos filles aussi (nous ne sommes pas nécessairement amis avec leurs parents, d’ailleurs). C’est aussi un avantage de l’école publique que de permettre cette ouverture : la “vraie” vie est faite de variété, de personnes avec lesquelles nous sommes en accord, et d’autres pas du tout… Et tout le monde à la même valeur, les mêmes droits ; c’est important à transmettre à mon sens, et ce n’est possible qu’en le vivant, les livres ne suffisent pas.

          Ce qui me ramène au thème de “devenir adulte” : je crois que beaucoup de personnes qui ont l’âge d’être adulte n’ont absolument pas la maturité qui devrait aller avec… 😛
          C’est pas un rituel lié à l’âge qui me semble le plus judicieux, mais un rituel lié à l’acquisition de compétence (savoir-faire, savoir-être), non ?

          Répondre
          • J’ai été à la place de votre fille. Pour exemple, mes parents ont tappé scandale quand ils ont appris que l’instit de ma petite soeur leur avait montré Harry Potter (à une classe de CE1 je crois).
            On discutait beaucoup à la maison, de leurs choix, et même si parfois on se sentait “à côté de la plaque” par rapport aux autres, on savait que c’était des décisions réfléchies et qui avaient du sens. Et aujourd’hui je les en remercie, de m’avoir permis d’être protégée de certains trucs pas de mon âge, ou qui véhiculaient simplement des notions à l’opposé de nos valeurs.
            Alors bien sûr, il y a les amis, et c’est bien d’être au courant de ce qui se fait. Mais les parents restent les seuls véritables garde-fous pour leurs enfants. Lourde responsabilité. Après, il est aussi possible de jouer plutôt que de regarder un film quand on a des invités ou qu’on est invités. Djanaé regarde la télé une fois par semaine, chez nous (on choisit le film ensemble). C’est très rare qu’elle regarde à l’extérieur et nos amis et familles respectent nos choix. Je trouve d’ailleurs ça dommage que les enfants regardent un film alors qu’ils pourraient discuter ou jouer ensemble 🙂 Mais ce n’est que mon avis

            Répondre
    • Anne-Christine
      8 mai 2017 11 h 23 min

      Bonjour Anne-Estelle et un grand merci pour cet article.
      Depuis quelques années, je me pose la question de la “construction sociale” de la crise d’adolescence. Avant de me spécialiser dans l’accompagnement à la naissance, j’ai suivi une formation assez longue d’accompagnement psychologique et spirituelle. Il y a avait de longs modules sur cette fameuse crise d’adolescence…
      Après de nombreuses lectures et réflexions, je pense en effet qu’il s’agit plus d’une construction sociale assez récente (à partir de la révolution industrielle) que d’une véritable étape physiologique, cette construction sociale permettant de maintenir les enfants dans un “sous-statut” d’adulte pendant encore quelques années. Avant, il y avait en effet des rituels qui marquaient ce passage de l’enfance à l’adulte. Aujourd’hui, l’arrivée des premières règles peut redevenir un temps de passage (tentes roses…) et j’ai aussi entendu parler de quelques rituels pour garçons. Tout cela reste encore confidentiel mais nous reprenons conscience petit à petit que ces moments sont importants pour chacun d’entre nous : l’enfant qui acte son évolution et nous mêmes, qui posons aussi un acte pour lui confirmer. Bien sûr, ce rituel n’arrive pas sans préparation et tout ce que l’on trouve sur votre blog devrait nous permettre de préparer notre enfant à ce passage ! 😉
      En tout cas, encore merci d’aborder ce sujet, cet article contribue à alimenter ma réflexion sur ce thème un peu décalé 😉

      Répondre
      • Anne-Estelle
        9 mai 2017 7 h 34 min

        Merci pour votre commentaire très enrichissant. C’est vrai que les rituels de passage sont quelque chose de positif. Bien que parfois ils aient été détournés de manière assez violente, comme l’initiation chez les peuples africains où parfois il y a des scarifications et des épreuves vraiment difficiles et humiliantes. Mais quand on pense que chez les hébreux par exemple, le jeune garçon faisait sa barmitsva vers 12 ans et qu’il était alors considéré pleinement comme adulte, ou que la culture hispanique fête le quinceaneros des jeunes filles (à 15 ans, pour montrer la démarcation de la vie d’enfant à femme). On a de quoi s’inspirer pour amener les enfants dans ce processus naturellement, et marquer le début officiel de leur vie d’adulte, puis les considérer ensuite comme tel, avec le lot de respect, de confiance et de responsabilité que cela engendre. Mais je vous rejoins, ça ne tombe pas de nulle part, du jour au lendemain, c’est un processus, une préparation, pour devenir adulte 🙂

        Répondre
    • Bonjour Est-elle, merci de nous retransmettre cet article,
      Je trouve magnifique ce que ce professeur dit, et je viens de me rendre compte que mes parents m’ont élever comme cela, et c’est vrai que mes frères et sœurs et moi avons acquis une autonomie quasi complète dès notre jeune âge. À l’âge de 9 ans par exemple je coiffais déjà mes 5 petites sœurs pour aller à l’école, on a appris très tôt à faire le repas, et avant chaque apprentissage nous faisions comme une activité ludique pour nous montrer comment faire et après nous prenions le relais. Nous étions 7 filles et 7 garçons à la maison et notre période d’adolescence n’a pas été vécu comme je la vois ici en France ou d’autre pays développés. Les filles ont fait ce que les garçons faisaient et vis versa, pas de différence et nous avons appris la menuiserie, la plomberie, à construire une maison car mes parents ont fait construire quand nous étions petit et nous avons tout fait et tout vu. Je trouve que cela enrichie la vie d’un enfant. J’ai trois enfants maintenant, un de 7 ans, un de 4 ans et la dernière à 15 mois, et j’essai de faire presque pareil en habitant dans un appartement.
      Il faut juste faire attention à ne pas considérer un enfant comme un adulte et à ne pas lui faire porter les conséquences de ce qu’il fait comme un adulte peut le supporter ou le comprendre. Un enfant reste un enfant et comme vous le dites bien, il devient un adulte au fil des années.

      Répondre
      • Je vous rejoins totalement, un enfant reste un enfant, mais il a plus de capacités que ce qu’on croit. Il faut trouver le juste équilibre, sans le sous-estimer, ni lui mettre de pression. Ce que je remarque c’est que vous gardez un trés bon souvenir de votre enfance où on vous a considérée à votre juste valeur. Et ça, c’est génial 🙂 Merci de votre partage !

        Répondre

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