Vous le savez sûrement, on apprend tous de façons différentes. Pour certains, c’est plus naturel de travailler et d’apprendre en groupe. Pour d’autres, au contraire, c’est d’être seuls qui leur permet de mieux apprendre. Peut-on imposer une façon en particulier ? Y en a-t-il une meilleure que l’autre ? Dans cet article je vous propose de faire le point, de voir les avantages et les inconvénients de ces deux façons d’apprendre. Et ensuite, je vous donnerai mon avis pour savoir quand et comment passer de l’un à l’autre.

 

Travailler et apprendre seul

Les avantages
  • Gestion personnelle de son temps : quand on travaille seul(e), on peut choisir quoi faire à quel moment. On est libre de disposer de son temps comme on l’entend. C’est particulièrement avantageux pour les personnes qui apprennent vite : en avançant seules, elles ne s’ennuient jamais.
  • 100% responsable : apprendre et travailler seul(e) c’est assumer la responsabilité de ses choix. Pour les personnes qui aiment être méticuleuses et précises dans leur travail et qui ont certaines exigences, alors il est préférable pour elle de ne pas dépendre des autres.
  • De la flexibilité : parfois, dans les apprentissages ou dans le travail, on peut mettre plus de temps que prévu pour atteindre un objectif ou réaliser une tâche. À l’inverse, on peut aussi parfois prendre de l’avance. Le fait de ne pas dépendre d’autres personnes permet d’être flexible et de se réajuster soi-même. S’il faut travailler plus, pas de problème. Si on peut s’accorder une période de répit plus longue, tant mieux.
  • Plus de choix : quand on n’a pas besoin de l’avis des autres pour trancher, non seulement on gagne du temps, mais surtout, on peut choisir des outils ou des méthodes qui nous correspondent à 100%. C’est donc plus facile et plus agréable.
Les inconvénients
  • La solitude : elle peut guetter tout le monde, même ceux qui aiment le plus apprendre et travailler en solitaire.
  • Pas de vis-à-vis : parfois, confronter ses idées permet de réaliser que l’autre a un meilleur point de vue, ou qu’il a mieux compris et que l’on s’égarait, ou qu’il a une idée plus adaptée, ou encore qu’il propose une méthode qui finalement nous correspond vraiment bien…
  • Pas ou peu de mise en pratique : ce n’est pas le cas de tous les projets professionnels ou de tous les apprentissages, mais il existe quand même de nombreux domaines qui nécessitent du contact humain et de la relation. Apprendre une langue par exemple. On peut apprendre en solo une langue, sans aucun problème, mais à un moment donné on est obligé de la parler avec d’autres en réel pour ancrer cet apprentissage et nous perfectionner.
  • Moins de choix : ça pourrait paraître contradictoire avec le paragraphe précédent mais en fait non, ça se complète 🙂 Quand on est seul on fait des choix qui nous conviennent. Quand on est plusieurs, il y a plus d’idées qui émergent (dont certaines auxquelles on n’aurait jamais pensé), donc plus de choix. Et finalement, en restant seul, on passe potentiellement à côté de très belles choses.

Travailler et apprendre en groupe

Les avantages
  • De la motivation : vous connaissez sûrement le diction “seul on va plus vite, ensemble on va plus loin” ? Lorsqu’on est en petit groupe, quand l’un est ramollo il est remotivé par les autres. Et ça tourne selon les jours et les moments. Le groupe a souvent une dynamique qui booste. Le groupe est le cadre idéal pour permettre à des personnes souvent timides et qui n’osent pas parler de s’ouvrir et de trouver leur place.
  • Du partage : au sein d’un petit groupe on peut partager ses idées qui vont nourrir celles des autres et permettre d’aboutir à de très bonnes idées. Au sein d’un petit groupe on peut aussi nouer des relations amicales. Alors bien sûr, dans un groupe on se dispute parfois, on n’est pas toujours d’accord, mais on rit aussi et on passe de bons moments.
  • Une répartition des tâches : plutôt que de fournir un travail immense seul(e), ici on se répartit les tâches, chacun a une mission. Ensuite on met en commun. C’est une façon d’approfondir soi-même une notion, un domaine, puis ensuite d’apprendre en transmettant ce qu’on a compris et appris, ce sur quoi on a travaillé. Enfin, on apprend encore différemment en écoutant le travail des autres et en l’articulant dans le projet global du groupe.
  • Une transmission des connaissances : c’est souvent l’avantage qui est le plus valorisé lorsqu’on propose à des enfants (ou des adultes) de travailler en petits groupes. Chaque personne du groupe a des facilités dans un domaine, et des lacunes dans d’autres. Dans le groupe, en mettant en commun les forces de chacun, on s’aide mutuellement à s’améliorer. On apprend ainsi à mettre en valeur les talents de chacun et à respecter les lacunes.
Les inconvénients
  • Difficultés relationnelles : hé oui, qui dit groupe, dit plusieurs personnalités, plusieurs façons de comprendre et d’interpréter les choses, plusieurs façons de gérer les conflits, et donc plus de difficultés dans les relations. Sans compter aussi sur le fait que qui dit travail de groupe dit bruit, et parfois, on a juste envie de silence et de calme.
  • Perte de contrôle : lorsque notre travail dépend aussi de celui des autres, il n’est pas toujours facile d’apprendre à faire confiance à l’autre qui peut-être n’accorde pas autant d’importance que nous à ce travail. Ainsi donc si une partie du travail est bâclée ou hors sujet, c’est très frustrant d’avoir travaillé pour que ce ne soit pas à la hauteur de ce qu’on espérait.
  • Peu de flexibilité : être inter-dépendant ne permet pas d’avancer à notre rythme. On doit respecter les rythmes de chacun et cela implique de parfois attendre que les autres nous rejoignent, ou courir pour les rattraper.
  • Un écart qui se creuse : la transmission des connaissances c’est beau et c’est bien, mais en réalité, quand on n’a pas appris à travailler en groupe, très rapidement va se créer deux clans : ceux qui bossent et les autres.
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Alors comment faire ?

Imaginez, vous êtes un(e) excellent(e) élève, vous avez de bons résultats, vous aimez le travail bien fait et surtout vous travaillez très vite. Vous avez très rapidement beaucoup d’idées en tête, vous réfléchissez vite, vous écrivez bien et vite, vous apprenez rapidement parce que vous êtes quelqu’un de très auditif et il suffit d’avoir écouté en cours pour retenir la quasi totalité de la leçon. Et vous aimez ensuite savourer tout le reste du temps pour aller faire du sport avec vos amis du quartier. Vous ne vous en faites pas vous savez que vous aurez une bonne note. Est-ce que vous aimeriez qu’on vous impose de travailler en groupe ?

Le scénario inverse est tout aussi vrai : imaginez que vous avez un besoin d’échanger, de reformuler, d’expliquer à quelqu’un d’autre, d’écouter l’avis de l’autre, de vous nourrir du dialogue et de brainstormings pour mieux comprendre et mieux apprendre, et bien sûr pour mieux travailler. Imaginez que vous avez besoin de faire des exercices à plusieurs pour vous approprier la meilleure logique, celle qui vous correspond le plus. Et là, on vous oblige à travailler dans votre coin et à ne pas copier sur le voisin (c’est de la triche sinon)…

Vous l’avez compris, on ne peut pas faire tout l’un ou tout l’autre. On ne peut pas ne proposer que des temps de travail en groupe, ou que des apprentissages en solo. L’équilibre, c’est de faire les deux, mais au bon moment et de la bonne manière. Voici quelques pistes :

La majorité du temps, les enfants devraient avoir le choix

Il existe des écoles qui fonctionnent sur ce principe, les enfants peuvent travailler dans leur coin ou à plusieurs, assis à table ou en rond par terre, à échanger joyeusement ou à se concentrer en silence… Je pense vraiment que si on laissait la liberté aux enfants de choisir, ce serait beaucoup plus naturel et facile. Il n’y aurait pas de mécanismes négatifs comme “ne regarde pas ma feuille tu triches”, ou “je vais laisser les autres du groupe parler, je ferai juste la mise au propre”. Ces schémas s’installent parce que l’on crée des clivages dès le début en leur imposant en majorité d’apprendre et de travailler en solo et parfois en groupe.

Instaurer de temps en temps des moments en solo 

Ça peut être pour dessiner, pour apprendre ou écrire une poésie, pour faire un travail personnel… l’idée c’est de proposer parfois des temps d’apprentissage ou de travail où l’enfant est seul avec lui-même. C’est important pour qu’il apprenne à faire confiance à ses propres idées, à écouter ses sensations… C’est l’intelligence intra-personnelle 🙂

Et pour aider les enfants à développer cette intelligence, on peut :

  1. Proposer un temps calme en solo avec un objectif précis.
  2. Indiquer une durée limitée (et mettre un chrono en route).
  3. À la fin de cette durée, ceux qui veulent continuer à travailler seuls le peuvent, les autres peuvent se réunir dans un lieu commun (pour ne pas déranger ceux qui souhaitent poursuivre l’apprentissage en solo). On peut alors voir des enfants qui n’aiment pas travailler seuls commencer à y prendre goût 🙂
Proposer des moments de travail en groupe

Ça peut être pour mettre en scène une pièce de théâtre, pour résoudre des exercices de maths, ou encore pour écrire un essai ensemble. Tout comme il est important d’apprendre à développer son intelligence intra-personnelle, il est tout aussi important de développer l’intelligence inter-personnelle.

Et pour ce faire, voici quelques pistes :

  1. Proposer un projet précis à faire en groupe.
  2. Tirer au sort pour savoir qui sera avec qui.
  3. Le groupe discute pour définir les différentes tâches.
  4. Chacun dit ce qu’il aimerait faire, ce en quoi il est le plus à l’aise, ou ce qui lui plait le plus.
  5. Le groupe se répartit les tâches : parfois on ne peut pas faire ce qu’on aurait aimé. On discute ensemble pour savoir qui est prêt à renoncer à quoi. En échange et pour plus d’équité, les autres s’engagent à ce que la prochaine fois, peu importe le groupe dans lequel elle sera, cette personne soit celle qui choisisse en priorité.
  6. Chacun travaille sur sa tâche, peut demander de l’aide aux autres, leurs avis, donner le leur.
  7. On met en commun et on décide ensemble.
  8. On débriefe : chacun son tour dit ce qu’il a apprécié et ce qu’il n’a pas aimé. Ce qui est dit dans le groupe reste dans le groupe, c’est un espace de confiance et de respect. L’adulte n’est là qu’en tant que médiateur si nécessaire.

 

J’espère que cet article très complet vous permet d’y voir plus clair, de mieux cerner les différentes façons de fonctionner des enfants, et de vous adapter à eux 🙂 N’hésitez pas à partager cet article si vous pensez qu’il peut être un support pour d’autres. Votre avis compte aussi beaucoup pour moi. Laissez-moi un commentaire pour me dire ce que vous en avez pensé, si vous avez d’autres choses à rajouter, ou si vous avez des sujets que vous aimeriez que j’aborde dans d’autres articles.

 

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