Les 5 gestes mentaux d’Antoine de la Garanderie pour bien apprendre

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Antoine de la Garanderie était un pédagogue français décédé récemment, en 2010. Il a étudié les motifs qui conduisent à la réussite ou à l’échec scolaire et il a compris à quel point le fait de bien se connaître permettait de réussir ses apprentissages. Il a ainsi développé des théories sur “la gestion mentale” et sur l’étude “des actes de connaissance”. Ainsi, il a déterminé 5 gestes mentaux, c’est-à-dire 5 mécanismes que l’on retrouve dans le fait d’apprendre. Je vous propose de découvrir ces 5 gestes mentaux au format audio (le podcast ci-dessous), ou au format texte avec l’article juste après.

 

 

Les 5 gestes mentaux d’Antoine de la Garanderie

Les 5 gestes mentaux d’Antoine de la Garanderie sont 5 gestes que l’on fait avec notre cerveau et qui doivent être faits en toute conscience au moment de l’apprentissage. C’est la clé pour réussir l’apprentissage. Plus simplement, et pour reprendre les mots D’Audrey Akoun et d’Isabelle Pailleau, ces 5 gestes mentaux permettent “d’apprendre avec sa tête” 🙂

 

1. Le geste d’attention

Avant de rentrer dans les détails de ce qu’Antoine de la Garanderie dit à propos de ce geste, j’aimerais simplement vous expliquer la différence entre attention et concentration qui sont traitées par deux zones différentes dans le cerveau (et elles ne peuvent donc pas être utilisées en même temps) :

  • L’attention, c’est le fait de recevoir les informations par nos 5 sens. L’attention nous permet de nous orienter et de nous mettre en action vers un objectif ou un centre d’intérêt. Parfois, notre attention est attirée malgré nous vers des choses inattendues (comme l’avion qui passe dans le ciel). Mais nous pouvons diriger consciemment notre attention vers un objectif précis. Par exemple, j’utilise mon attention pour écouter ce que quelqu’un est en train de m’expliquer.
  • La concentration, c’est le fait d’attraper les informations, de les enregistrer et de les traiter. La concentration fait appel à la mémoire de travail. Par exemple, je fais appel à ma concentration quand je veux faire mon exercice en entier.

Le geste d’attention est donc la première étape pour bien apprendre. Il s’agit de faire exister dans sa tête ce qu’on perçoit (par nos 5 sens). Et comme nous sommes tous différents, nous ne perçevons pas tous le monde de la même manière et nous ne le “codons” pas de la même manière. C’est-à-dire que depuis tout petit, inconsciemment, je me fais une représentation mentale de ce que je perçois. Par exemple si on me parle de chocolat, je vais peut-être imaginer une tablette et quelqu’un qui croque dedans, ou je vais imaginer la fève de cacao, ou me représenter le chocolat par une tasse de chocolat chaud fûmante. L’idée est donc de prendre conscience de ma manière de “coder le monde“.

Enfin, percevoir le monde ne suffit pas pour qu’il existe dans mon univers mental. Parce que je perçois plein d’informations tout le temps, mais que je ne peux pas toutes les conserver. Il faut donc que je sois attentif/ve pour être conscient(e) de ce que je perçois, et me représenter “dans ma tête” ce que je vois, ce que j’entends, ce que je sens…

Ce premier geste mental, l’attention, permet d’expliquer la différence entre entendre (je perçois avec mon ouïe) et écouter (je suis attentif/ve, et je m’en fais une représentation mentale, ce que j’écoute m’évoque quelque chose). C’est aussi ce geste qui explique la différence entre voir et regarder, ou encore entre toucher et manipuler.

Une solution ?

Pour être attentif, il faut avoir un projet, un objectif. On n’est pas attentif “pour rien”. On peut donc aider l’enfant à adopter ce geste mental en lui donnant un objectif, comme “lis ce texte et je te poserai des questions après”, ou “écoute ce que je vais te dire et après tu me le rediras avec tes mots”… On donne une raison à l’enfant d’être attentif, ce qui l’aide à se faire une représentation mentale.

 

2. Le geste de mémorisation

Toutes les informations qui ont été évoquées et dont on s’est fait une représentation mentale lors de la première étape (le geste d’attention), ne resteront pas si on en reste là. Parce que toute la journée on se fait une multitude de représentations mentales et d’évocations, qui sont stockées dans la mémoire de travail (ou la mémoire à court terme), et qui ensuite sont nettoyées au fur et à mesure. L’idée, c’est de les stocker dans la mémoire à long terme.

Le geste de mémorisation permet donc de faire revenir les images mentales et évocations qu’on a “codées” et de pouvoir les retrouver et les restituer dans le futur. La qualité de la mémorisation dépend :

  • de mon attention : si je suis distrait(e) au moment de mémoriser, ça ne va pas fonctionner. La qualité du sommeil et la bonne gestion des émotions participent aussi à une bonne attention,
  • de la qualité de mes sens : si j’ai des problèmes de vue ou d’ouïe, c’est compliqué de retenir une information visuelle ou auditive,
  • de ma capacité à me faire des représentations mentales : je dois trouver la meilleure façon de coder dans ma tête ce que je perçois, pour que ce soit le plus parlant pour moi,
  • du support de mémorisation : si je suis plutôt visuel(le), une mindmap ou un schéma sera beaucoup plus adéquat que de relire à voix haute un cours.
  • de la régularité : plus je mémorise, mieux je mémorise.
Une solution ?

Comprendre ce que j’apprends (c’est le geste suivant), mais surtout avoir un projet de mémorisation : avoir un but bien défini quand on apprend. J’apprends une poésie pour la réciter dans 1 semaines, j’apprends mes tables de multiplications pour savoir calculer facilement et rapidement demain, dans 10 jours et dans 3 mois. J’apprends le numéro de téléphone de mes parents pour pouvoir les joindre en cas de problème. Etc.

 

3. Le geste de compréhension

Comprendre est l’acte mental qui permet de comparer le nouveau avec l’ancien. Comprendre c’est d’abord évoquer ce qu’on lit, ce qu’on entend, ce qu’on perçoit (se faire une représentation claire dans sa tête). Et ensuite, c’est savoir le restituer, à sa façon, avec ses mot (savoir le réexpliquer).

Dans mon cerveau, il y a des allers-retours entre ce que je sais déjà et les nouvelles informations. Plus j’ai d’informations en mémoire, et plus je peux comparer les nouvelles données avec celles que j’ai déjà stockées. S’il me manque quelque chose pour bien comprendre, alors je dois d’abord apprendre cette chose pour comprendre la suite. C’est un peu comme quand on trouve un nouveau mot inconnu. On va lire la définition dans le dictionnaire. Parfois on a tous les éléments nécessaires en mémoire et on comprend la définition de ce mot, et parfois dans la définition il y a un mot que l’on ne connaît pas donc on est obligé de chercher la défintion de ce mot, pour comprendre la définition complète du mot initial.

Le geste de compréhension est facilité par le fait :

  • de mémoriser beaucoup de choses,
  • d’avoir du vocabulaire : pour pouvoir nommer et transmettre,
  • de maîtriser la grammaire : qui permet de donner du sens aux mots.
Une solution ?

Demander à l’enfant ce qu’il a compris. À partir de ses explications, on peut ajouter, compléter, modifier, pour une compréhension complète. Pour cela, on peut aider l’enfant à trouver des ressemblances ou des différences avec ce qu’il sait déjà, ou alors à placer cette nouvelle notion dans un ensemble plus grand (comme sur une frise par exemple, pour qu’il comprenne que cette nouvelle notion n’est pas isolée du reste).

 

4. Le geste de réflexion

Ce geste ne peut être appliqué que si les 3 premiers ont été effectués. Et c’est sûrement le plus complexe. C’est le fait d’aller piocher dans ses connaissances pour penser ce que je dois faire maintenant : je dois retrouver les règles, les lois, les définitions, les théorèmes et les expériences (compris et mémorisés) et sélectionner ceux dont j’ai besoin maintenant pour résoudre un problème ou pour faire un exercice par exemple. Je peux bien réfléchir quand :

  • je suis attentif/ve aux énoncés, aux questions, à ce qu’on me demande,
  • je comprends ce qu’on me demande et je m’en fais une représentation mentale claire et précise,
  • je suis capable de trouver dans ma mémoire les informations donc j’ai besoin (la qualité et la quantité des éléments mémorisés sont toutes les deux importantes),
  • je peux réutiliser tout cela dans un autre contexte.

Beaucoup de personnes constatent qu’avoir compris et savoir, ne suffisent pas toujours pour savoir l’utiliser au bon moment. Parce que cette étape “projet de réflexion” est essentielle pour mobiliser les connaissances et passer de la compréhension d’un côté à l’application et à la restitution de l’autre.

Une solution ?

Proposer à l’enfant de réfléchir avant de se lancer dans une tâche : est-ce qu’il a besoin de quelque chose en particulier (une équerre et un compas par exemple), est-ce qu’il sait par où commencer, est-ce qu’il visualise le résultat de ce qu’on lui demande ? Etc.

 

5. Le geste d’imagination créatrice

Ce geste permet d’exprimer la créativité ou en d’autres termes une façon de percevoir la réalité. Je perçois et je transforme. Le geste d’imagination créatrice part toujours de ce que je connais pour découvrir ou inventer de nouvelles pistes. L’imagination n’est pas quelque chose que certains ont et d’autres pas en fonction de leur naissance. C’est quelque chose qui s’apprend, comme tout le reste, et qui permet de ne pas rester figé dans ce que je perçois maintenant, mais de voir plus loin, autrement.

C’est l’imagination créatrice qui permet de découvrir, d’inventer, ou simplement de transformer le réel. Elle permet de révéler ce qui était caché, d’inventer ce qui n’existait pas, ou de rechercher la présence d’une absence.

Je suis confronté(e) à l’imagination créatrice quand je suis face à un problème que je n’ai jamais résolu ou quand je fais face à une situation inédite. Par exemple, quand il manque un ingrédient pour ma recette et que je dois l’aménager pour faire sans, ou quand je visite un appartement et que j’imagine les travaux que je vais pouvoir faire pour le rendre encore plus beau une fois que je serai dedans, ce sont deux exemples concrets et simples d’imagination créatrice.

Une solution ?

Avant de donner la réponse à l’enfant, le laisser réfléchir et lui dire “toi ? qu’est-ce que tu en penses ?” Ou encore “est-ce que t’as une idée ? Qu’est-ce qu’on pourrait faire ?”. Privilégiez le dialogue et la lancée d’idées, même les plus farfelues, parce que l’enfant va oser et apprendre à laisser tomber les idées inadéquates et tester les idées qui semblent bonnes, pour trouver la solution. Vous pouvez aussi favoriser les activités manuelles, sportives et artistiques pour entraîner au geste d’imagination créatrice en dehors des apprentissages scolaires.

 

 

J’espère vraiment que les travaux de la Garanderie expliqués ici vous aideront à comprendre comment se réapproprier les bons gestes pour apprendre, pour gagner en liberté dans les apprentissages. Et les quelques pistes de solutions vous aideront à les appliquer concrètement avec les enfants 🙂 Et si vous avez vous aussi d’autres solutions pour chaque geste mental, partagez-les dans les commentaires. Merci et à très vite 🙂

 

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