LE CALENDRIER LINÉAIRE 2020 INSPIRÉ DE LA POUTRE DU TEMPS MONTESSORI EST LÀ

Cette semaine, je vous propose de partir à la découverte d’une autre famille pratiquant l’instruction à la maison, dans un contexte tout particulier : du unschooling dans les alpages. J’ai adoré lire cette tranche de vie de Marion et sa famille, je les ai imaginés entourés des troupeaux, en train de faire du fromage, de jouer dans les ruisseaux… Je vous laisse découvrir tout cela, et n’hésitez pas si vous aussi vous avez envie de partager une réflexion, une découverte, une expérience autour des apprentissages ! Vous êtes les bienvenus !

 

Petite présentation

Bonjour à tous, je m’appelle Marion, auteure du blog Les Enfants Avenir. Pour une fois que je n’écris pas un article pour mon propre blog, j’ai envie de partager avec vous un petit aspect de notre vie sans école. À l’heure où je vous écris, notre fils a sept ans et notre fille trois. Nous avons une vie que beaucoup pourraient qualifier d’atypique. En effet, nos enfants ne vont pas à l’école et nous pratiquons le unschooling

Mais même avant, quand je réfléchis, nous avions déjà un penchant :). Nous dormons à quatre dans la même chambre, les lits collés, mes enfants n’ont pas eu de couches, ou rarement, je n’ai jamais préparé de petits pots (ils piochaient dans mon assiette quand ça les tentait), je les ai allaités très longtemps, d’ailleurs ma fille tête encore ! Vous comprenez où je veux en venir : il nous semblait évident qu’ils n’iraient pas à l’école. En fait, tout me semble être une continuité, la vie nous mène, au fil des jours, et nous essayons de vivre pleinement ce qui se présente à nous. Je n’avais pas envie que ça s’arrête à leurs trois ans, que notre rythme de vie soit interrompu avec l’école. J’ai oublié de vous préciser une chose : avant j’étais professeur des écoles. J’ai donc vécu le caractère imposé de l’apprentissage, la difficulté à vivre le rythme soutenu des horaires, le travail des enfants dénué de sens immédiat…

Se connecter au vivant et à la nature

La naissance des enfants a été pour moi une occasion de me reconnecter à mes sens. Cette bouffée d’oxygène (ou d’hormones ?), cet amour pour ce petit être qui nous submerge… tout à coup, il n’y a plus que ça qui compte. Ça m’est apparu tellement naturel ! Et puis lorsqu’on s’émerveille à chaque progrès, à chaque découverte : le premier mot, le premier pas, le premier vrai câlin avec leurs tout petits bras ! Je voulais continuer à m’émerveiller chaque jour, chaque moment. C’est finalement tellement plus simple de les regarder grandir.

En même temps j’avais envie de faire quelque chose qui me plaise et qui me permette de gagner un peu d’argent. Avant d’avoir les enfants, j’ai été bergère puis lorsque j’ai rencontré mon homme, il est devenu berger également. En fait, il est passé de la banlieue parisienne aux montagnes des Hautes Alpes ! Ça aussi ça nous paraissait simple, relié à l’essentiel. C’est comme ça qu’aux deux ans et demi de notre fille, nous avons décidé de tenter l’expérience avec nos enfants : et hop ! Tout le monde en alpage !

La vie de bergers

Dans les Hautes-Alpes, le métier de berger s’exerce de mi-juin à mi-octobre (plus ou moins suivant les années) : cela fait donc quatre mois. Durant ces quatre mois, nous travaillons tous les jours, sans interruption. Notre travail ne consiste pas seulement à garder des animaux qui paissent. Nous devons également soigner les bêtes malades (être vétérinaires en quelque sorte), veiller à ce que les brebis mangent le plus possible, mais également prendre soin des ressources de la montagne. Les brebis doivent pouvoir manger jusqu’à l’automne et l’herbe doit pouvoir repousser l’année d’après. Il faut donc faire attention à emmener les bêtes sur un territoire où les plantes ont déjà grainé. Nous devons aussi faire attention à maintenir une harmonie entre tous les utilisateurs de la montagne : ça va des promeneurs, aux chamois, en passant par les chasseurs…

Durant toute cette période, nous vivons isolés en montagne, dans des cabanes pour être toujours proches du troupeau. Toute cette vie est à organiser. Dans notre cas, il faut en plus prendre en compte nos enfants. Pour notre vie là-haut, nous avons, en plus des 700 brebis (c’est très peu pour notre région), deux chevaux, deux chèvres pour faire du fromage, quatre poules, deux chiens pour la conduite du troupeau et trois chiens de protection pour protéger les brebis des loups ou des chiens errants. Et en plus de tout ce petit monde, il faut rajouter à l’automne la naissance de quelques agneaux (une soixantaine cette année).

Mon appréhension était que les enfants trouvent le temps long... Nous avions très peu de place dans les cabanes, ils ont eu droit de n’apporter qu’un petit sac de jouets chacun : ma fille n’a pris que sa poupée et des aimants et mon fils a rempli son sac de légos. Quand nous descendions, une fois tous les 10 jours, je prenais des livres à la bibliothèque. Ils avaient également des feutres, stylos… Et bien finalement, ils s’en sont servis que très rarement !

Les apprentissages des enfants

Durant ces quatre mois, les enfants ont passé leur temps dehors, comme nous d’ailleurs ! Ils se sont mêlés à notre vie, ont partagé nos activités, se sont fabriqué leur petit monde au contact des éléments naturels. Quelle joie de les voir s’émerveiller à la découverte de têtards, de les voir conduire l’eau à l’aide de bâtons ou encore de voir grandir la complicité qu’ils ont l’un pour l’autre !

Ils ont aussi énormément appris grâce à notre métier, et c’est ça la beauté du unschooling :

  • Le calme nécessaire pour attraper les bêtes et les soigner.
  • Faire des piqûres (spécialité de ma fille !) et reconnaître la pathologie de la maladie.
  • Manipuler les animaux de façon respectueuse et en se protégeant des coups éventuels.
  • L’anticipation lors de la garde pour prévoir le déplacement des bêtes (surtout lorsqu’ils nous accompagnaient).
  • Aller au-devant des promeneurs pour les saluer ou les mettre en garde vis-à-vis des chiens.
  • Savoir gérer son effort durant la garde, car lorsqu’on est partis, on ne peut pas revenir avant la fin.
  • Se faire obéir des chiens (je vois encore la fierté de mon fils ou de ma fille quand le chien va bien à droite comme ils l’ont demandé !)
  • Être bricoleur pour réparer avec trois fois rien dès qu’on en a besoin.
  • Tout faire de nos mains, du fromage au pain en passant par se couper les cheveux…
  • Prendre le temps de vivre, tout simplement

L’endroit était aussi très propice à découvrir la faune et la flore. Nous avons fait un herbier puis un cahier répertoriant nos trouvailles. Nous avons pu observer quotidiennement la vie des chamois, du couple d’aigles qui nichaient sur une falaise pas très loin, des marmottes… Il nous est arrivé de croiser des chasseurs et Tilouann, notre fils, accourait vers eux pour leur poser des tonnes de questions, leur demander de voir les animaux qu’ils ramenaient…

La socialisation

Il est vrai qu’avant d’avoir les enfants, ça ne nous dérangeait pas de passer plusieurs mois sans voir grand monde, pour ne pas dire personne. C’était une vie qui me convenait, j’aimais bien ça. Et puis le reste de l’année, j’avais une vie sociale plus que remplie ! Par contre avec les enfants, ça me paraissait impossible de leur imposer de ne pas voir de copains durant toute cette période. De plus, mon fils est constamment en train de demander à voir ses amis. C’est pourquoi, avant l’alpage, j’ai posté des messages sur les forums IEF (instruction en famille) de la région. J’ai ouvert l’alpage à toutes les familles qui voulaient nous rendre visite. C’est ainsi que nous avons rencontré des personnes qui sont aujourd’hui nos amis. Ça, plus les copains qui sont passés régulièrement, nous avons eu presque trop de visites !

C’est vrai que c’était parfois fatigant pour nous, mais quelle richesse ! Les enfants n’ont pas manqué de voir du monde et ils adoraient faire découvrir leur univers à leurs petits camarades. Je pense finalement que c’est la période la plus riche pour nous du point de vue social. Quelle surprise !

Le partage !

Au printemps nous avons pris un cheval en retraite : c’est un semi-trait, qui fait à peu près 1,50 m au garrot. Il a 21 ans et est en pleine forme. C’est devenu le cheval de mon fils. Il est tout petit sur ce gros machin ! Je pense que c’est mon meilleur souvenir de cette période : nous avons fait une balade de trois heures ensemble, chacun sur son cheval. Mon petit bout est maintenant assez grand pour partager ma passion !

Notre vie me remplit de joie, je m’émerveille à chaque instant, de tous les apprentissages qui se font spontanément, juste en vivant ensemble. Vous l’aurez compris, nous sommes en unschooling, et ce tout au long de l’année. C’est de cette joie qu’est née mon envie de créer un blog. J’ai voulu partager mes connaissances, mes astuces et mes conseils pour que cette vie soit possible aussi pour vous. L’émerveillement est une capacité que je souhaite à chacun, il suffit de s’autoriser à vivre en pleine conscience !

C’est vrai que nous avons choisi l’unschooling car c’est la pratique qui correspondait le mieux à notre mode de vie. Cependant, il existe pleins d’autres méthodes, pédagogies qui peuvent mieux vous correspondre si vous avez fait le choix de l’instruction en famille. Je vous invite à visiter mon blog pour vous aider à avancer dans votre choix. Le blog d’Anne Estelle est également fabuleux. C’est elle qui m’a donné envie de me lancer dans cette activité de blogueuse (le savais-tu Anne-Estelle ?).

 

Si vous souhaitez rebondir sur cette expérience de vie, ou poser des questions à Marion, n’hésitez pas à laisser un commentaire ou à retrouver Marion sur son blog 🙂

 

Crédit photos : Eric Vallée, les photos ne sont pas libres de droits.

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