Cette rentrée scolaire (ou non scolaire pour ceux qui ont choisi l’instruction à la maison) peut être différente, unique. Nous avons imaginé un très gros challenge : le bouquet des apprentissages. Je vous en parlerai en détails dans un prochaine article. Mais avant, si vous le voulez bien, j’aimerais revenir sur le pourquoi de ce challenge, motivé par cette compétence souvent mise de côté : le fait d’apprendre à apprendre.

 

Doués pour apprendre ?

Théo n’arrive pas à se concentrer et est tout le temps en train de gigoter. Lisa connaît toutes les réponses à la maison, mais devant sa feuille, c’est le trou noir à chaque fois. Amir a du mal à voir dans sa tête ce qu’il entend ou ce qu’il lit, il a l’impression de ne rien comprendre. Enzo cherche la perfection et perd beaucoup de temps à écrire le plus parfaitement possible ses réponses, et à se relire 5 fois. Il est toujours le dernier à terminer et les autres doivent l’attendre. Inès n’est pas douée avec les mots, et encore moins avec les chiffres. Elle se sent nulle. Léa n’est motivée que quand elle comprend l’utilité de ce qu’on lui présente. Sinon, elle plonge dans ses pensées, bien plus intéressantes. Lucas sait très bien apprendre une leçon par cœur, mais deux jours après, il a tout oublié. Jeanne ne sait jamais par où commencer, par où finir, elle oublie toujours ses affaires ou ce qu’elle doit faire.

Si on demandait à Théo, Lisa, Amir, Enzo, Inès, Léa, Lucas et Jeanne s’ils se considèrent comme des enfants intelligents et doués pour apprendre, il y a de fortes chances qu’ils répondent non. Et si ces enfants vous posaient la même question : diriez-vous qu’ils n’ont pas de chance ? Qu’ils ne sont pas très doués pour les apprentissages ? Ou peut-être que vous ne le leur direz pas, mais que vous le penserez. « Ah, si tu faisais plus d’efforts, tu arriverais mieux à te concentrer. Ce n’est pas si compliqué de rester assis quelques minutes sans bouger quand même ! » ou « Avec de l’entraînement, on peut tout apprendre. Travaille plus, tu verras ! » ou encore « Tu n’as pas besoin de comprendre le pourquoi du comment, de mon temps on ne se posait pas autant de questions, si on te dit que tu dois apprendre ça, et bien tu l’apprends, c’est tout ! » Et ainsi de suite.

Oui, on pourrait dire toutes ces choses. On pourrait aussi les penser. Et on aurait tord !

 

Des fleurs pour apprendre ?

Quand vous regardez des fleurs dans un champ, est-ce que vous vous dites qu’il y en a qui sont moins douées parce qu’elles sont moins grandes, ou avec moins de couleurs, ou avec moins de pétales, ou encore avec moins de feuilles ? Est-ce que pour une même variété de fleurs, par exemple les roses, vous vous dites que telle rose est moins douée qu’une autre parce qu’elle a éclos un peu plus tard, ou parce qu’elle sent un peu moins bon, parce que ses pétales sont un peu plus rosés que rouges, ou encore parce qu’elle a plus d’épines que sa voisine ?

Imaginons que chacun d’entre nous est un joli bouquet de fleurs. Chaque fleur représente une facette de notre fonctionnement et de nos capacités. Chaque bouquet est unique.

On entend de plus en plus, et c’est super génial, qu’on est tous différents en matière d’apprentissage, qu’on n’apprend pas tous de la même manière, qu’on peut tous apprendre à mieux se connaître. C’est super, ce sont plein de très beaux principes, qui sont réels et vrais. Mais concrètement ? Comment on fait ? Savoir que mon bouquet est unique, c’est top. Mais comment est-il vraiment, ce bouquet ? Concrètement, ça veut dire quoi ? Je veux dire : quelles fleurs le composent ? Comment sont ces fleurs ? Et pourquoi sont-elles comme ça et pas comme ceci ? Pourquoi le bouquet de mon frère, celui de ma copine ou celui de mon voisin sont si différents ? Et qu’est-ce que je peux faire pour prendre soin de mon bouquet ?

Toutes ces questions, déjà en tant qu’adulte, c’est chouette de se les poser, et bien sûr, de trouver des réponses. Il existe des ouvrages, des formations, des sites Internet, des tests et des outils accessibles à tous les grands, comme nous. Mais ce que j’aimerais, c’est permettre aux plus jeunes, aux enfants, dès l’âge de 6-7 ans, de découvrir les réponses à ces questions.

Imaginez…

Imaginez Théo, Lisa, Amir, Enzo, Inès, Léa, Lucas et Jeanne, avec en main, la représentation physique de leur bouquet des apprentissages ! Et si ces enfants, à 7 ans, pouvaient découvri les trésors qui sont en eux, comprendre les rouages qui font tourner leur joli cerveau, et apprendre à utiliser les bons outils pour débloquer les mécanismes un peu grippés. Visualisez ces enfants, à 10 ans, avec des bases solidement intégrées et enregistrées, et une estime de soi solide. Imaginez-les, à 12 ans, capables d’utiliser les stratégies d’apprentissages qui leur correspondent le plus, et voir les résultats à la hauteur du travail fourni. Voyez ces enfants, à 14 ans, autonomes dans leur travail, motivés et concentrés quand ils en ont besoin. Maintenant, imaginez-les adultes, capables de choisir la filière qui leur correspond, heureux d’être qui ils sont, conscients de leurs forces mais en restant humbles, parce qu’ils savent qu’ils ont, un jour, eu cette chance : un jour, quelqu’un leur a fait ce cadeau immense de découvrir et de prendre soin de leur bouquet des apprentissages. Et si ce quelqu’un c’était VOUS ?

J’ai un gros challenge pour vous. Quelque chose de totalement inédit qui va changer la vie des enfants. Je sais que c’est bientôt la rentrée, qu’on a tous beaucoup de choses à préparer mais si je vous parle de tout cela maintenant, c’est justement parce que ça peut tout changer pour ce début de nouvelle année scolaire. Ce que j’aimerais, c’est que tous les Théo, Lisa, Amir, Enzo, Inès, Léa, Lucas et Jeanne de votre entourage soient transformés grâce à leurs bouquets des apprentissages et grâce à vous !

Mais avant, j’aimerais vous parler du fait d’apprendre à apprendre. Pourquoi est-ce si important ? Qu’est-ce que ça peut changer dans la vie d’un enfant ?

10 clés pour apprendre à apprendre
  1. Apprendre à apprendre, c’est trouver sa propre façon de faire : il y a plusieurs façons de faire pour découvrir des savoirs et maîtriser des mêmes savoir-faire. Apprendre à apprendre, c’est découvrir comment moi je comprends, comment j’enregistre les informations, comment je les restitue, et trouver les meilleures astuces, les meilleures stratégies, mettre en place les mécanismes qui me correspondent à moi, qui me permettent d’être efficace, moi. Pas le voisin.
  2. Apprendre à apprendre est donc quelque chose de personnel dans le sens où je ne vais pas forcément appliquer les mêmes choses que ma voisine ou mon copain.
  3. Apprendre à apprendre devrait être accessible à tous : ou en d’autres termes, tout le monde peut apprendre à apprendre. Il n’y a pas de personne inapte à apprendre à apprendre. Malheureusement, à force de négliger cette compétence, on créée un énorme clivage entre ceux qui trouvent naturellement des stratégies d’apprentissages efficaces pour eux, et les autres. Les autres, c’est la majorité des enfants. Et ces enfants deviennent des adultes. Et cette méconnaissance de soi, de ses points forts, des stratégies qui pourraient changer la donne, ça a forcément des répercussions sur les études, sur le métier, sur les choix d’une vie.
  4. Apprendre à apprendre n’est pas une opportunité. Ce devrait être une nécessité.
  5. Apprendre à apprendre, c’est accepter l’idée qu’il y a une multitude de paramètres qui font qu’on capte une information, qu’on la comprend, qu’on l’enregistre, qu’on l’analyse, qu’on la restitue de plusieurs dizaines de façons différentes. Ne serait-ce que par le jeu, l’observation, l’expérience, les ratés, l’échange, le plaisir, les différents sens, nos actions spontanées dans une situation d’apprentissage, nos penchants naturels vers tel ou tel domaine, ce qui nous motive, et ainsi de suite. Apprendre à apprendre, c’est comprendre comment, dans tout cela, moi je fonctionne, en général.
  6. Apprendre à apprendre, c’est trouver ce qui me permet d’être dans les meilleures conditions pour apprendre : comment enlever mes sources de stress, diminuer mes émotions négatives comme la peur ou la colère, trouver de bonnes relations, comment booster mon estime de moi, comment avoir un environnement ordonné et agréable, avec ou sans musique, etc. On n’a pas tous le même environnement familial, émotionnel, de travail. On évolue tous dans des contextes différents, et on n’a pas tous les mêmes besoins. Apprendre à apprendre c’est trouver ce qui me permet moi, d’être dans les meilleures conditions pour apprendre.
  7. Apprendre à apprendre, c’est accepter ce processus d’une vie. Avoir l’humilité de reconnaître que j’apprendrai toute ma vie, que je me connaîtrai de mieux en mieux, que je saurai tirer des conclusions de mes erreurs et agir en fonction, que je serai une meilleure version de moi-même, apprendre à apprendre se fait toute la vie. Les enfants ont tendance à ne pas voir les choses à long terme. Ce qui est à la fois chouette, parce que ça permet de vivre dans le moment présent, mais à la fois bloquant, parce qu’un échec est souvent vécu comme irrévocable. Un enfant qui n’arrive pas à apprendre « comme il faut », va se persuader que ce sera comme ça pour toujours et qu’on ne peut rien y faire. Apprendre à apprendre, c’est accepter que tout se fait progressivement, et voir l’évolution de soi sur le court, le moyen, et le long terme.
  8. Apprendre à apprendre ne sert à rien, sauf si on décide d’appliquer ce qu’on apprend. Comprendre comment on apprend, savoir comment mieux apprendre, ça ne sert à rien si on ne change rien à notre façon d’apprendre. C’est pour cette raison que j’insiste sur vos motivations et votre implication dans ce challenge. Vous allez, en tant qu’adulte, porter les enfants que vous accompagnerez dans cette découverte de leurs bouquets des apprentissages. Votre engagement portera les enfants pour aller jusqu’au bout.
  9. Apprendre à apprendre, c’est franchir de nombreux obstacles : vous aurez besoin de patience, de persévérance, de motivation et d’enthousiasme pour assumer le fait d’être différent de la majorité et d’apprendre de manière moins conventionnelle, c’est-à-dire de faire face au conformisme et à la tradition. Mais il y a aussi l’obstacle des habitudes, et surtout des mauvaises habitudes qu’il va falloir éliminer à force de nouvelles répétitions qui viendront effacer les anciennes. Nous devons aussi faire face au fait que notre mémoire à court terme fait souvent le vide pour enregistrer de nouvelles choses, et que tout ce que je viens de vous présenter dans cette vidéo, tout ce que vous verrez dans le bouquet des apprentissages, tout cela s’effacera très vite si vous ne vous en imprégnez pas régulièrement. Enfin, il y a aussi l’obstacle du contexte : parfois, il faut faire preuve de créativité pour adapter les choses à une situation en particulier. Il vous en faudra pour aider les enfants à mettre en pratique de façon concrète ce qu’ils auront découvert, pour l’intégrer dans leur quotidien.
  10. Apprendre à apprendre, c’est admettre qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise méthode. Une méthode peut être parfaitement adaptée pour une personne et pas du tout pour une autre. La vraie question c’est plutôt : est-ce que cette méthode peut correspondre à ma façon d’être et d’apprendre ? Est-ce qu’elle me permet de franchir les obstacles que j’ai détaillés juste avant ? Est-ce que je suis à l’aise avec cette méthode ? C’est ça qui donne de la valeur à une méthode ou à une autre, pour moi.
Les lecteurs de cet article ont également lu :  Le pouvoir magique des signes (avec bébé)

Apprendre, ce n’est pas quelque chose que l’on fait juste avec sa tête. Pour reprendre les mots de Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, « Apprendre, c’est agir et ressentir avec tout son être. » Apprendre à apprendre, ce n’est pas un truc en plus à faire, comme un devoir. C’est une chasse au trésor avec à la clé, ce qu’il y a de meilleur en nous pour la vie d’aujourd’hui et de demain.

Comme c’est difficile pour moi de représenter ce trésor par des pièces d’or et des bijoux en pierres précieuses, j’ai préféré l’image du bouquet de fleurs. Je vous explique en détails ce qu’est ce bouquet de fleurs des apprentissages dans le prochain article. Et si vous décidez d’aller plus loin, les enfants que vous accompagnez seront au bénéfice de tout ce que je partage avec vous. Et c’est ça qui doit vous motiver si vous hésitez.

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    4 Commentaires. En écrire un nouveau

    • Salut Stéphane et Anne Estelle,

      J’ai beaucoup apprécié votre article, puisque j’ai moi même un neveu de 10 ans à qui j’apprends à apprendre.
      Je l’entend parfois dire “je suis nul en” telle ou telle matière alors qu’il ne sait juste pas comment l’aborder.

      J’ai réussi la PACES (le concours d’entrée dans les études de médecine) l’année dernière, et depuis je comprends beaucoup mieux les mécanismes d’apprentissages et les différences qu’il peut y avoir entre 2 personnes.

      C’est passionnant de toujours trouver de nouvelles méthodes pour mieux mémoriser, mieux se concentrer…Et je trouve dommage qu’à l’école, notamment en prenant le cas de mon neveu, qu’on ne lui apprenne pas comment apprendre correctement.

      Au final il se retrouve face à sa poésie à apprendre par coeur à juste la lire plusieurs fois en s’ennuyant, alors que ça devrait être un jeu!

      Répondre
      • Exactement, apprendre devrait être un jeu. Mais comme vous dites, on n’apprend pas à apprendre dans la diversité. Parce que les enseignants ne sont pas formés non plus. C’est dommage, mais heureusement, quand on cherche un peu (les adultes), on trouve d’autres façons et on peut alors aider les plus jeunes. Alors plutôt que de se focaliser sur tous ceux qui ne font pas, on fait notre petite part 🙂

        Répondre
    • Marion, les-enfants-avenir.com
      26 janvier 2019 15 h 55 min

      Bonjour Anne Estelle !
      Très bel article qui me fait me questionner. J’ai tendance à penser qu’un enfant, lorsqu’on le laisse libre d’apprendre, trouvait de lui même la façon dont il fallait qu’il apprennne, que ça se faisait naturellement, instinctivement. Comme pour apprendre à parler par exemple. On ne procède pas tous pareils mais au final, on apprend tous à parler !
      Cependant, pour les enfants dont l’élan vital des apprentissages s’est envolé, lorsque les apprentissages sont exigés, comme pour apprendre une poésie, apprendre à apprendre semble être nécessaire.
      C’est donc une réflexion très intéressante et présentée d’une très belle façon !
      Je vais lire les articles suivants.
      Merci

      Répondre
      • Il y a bien sûr l’élan naturel qui peut avoir été coupé par un dégoût des apprentissages, mais il y a aussi certaines personnes qui n’arrivent pas à trouver les techniques qui leur correspondent le mieux. Surtout si un enfant a un profil de motivation qui est “avec qui vais-je apprendre”. Cet enfant là comptera beaucoup plus sur les autres pour lui apporter les idées, c’est ça qui le motive, qui l’encourage. Seul, il se désintéressera. On est vraiment tous différents et alors que certains sont très autonomes et trouveront toujours des techniques par eux-mêmes, d’autres recherchent les autres et leurs idées pour piocher celles qui vont les intéresser 🙂

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