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Qu’est-ce que l’hyperémotivité ? Pourquoi certains enfants ont-ils plus de difficultés que les autres à gérer leurs émotions ? Quelles sont les conséquences dans les apprentissages ? Et surtout, qu’est-ce qui peut faciliter des émotions apaisées, ou autrement dit, comment, au quotidien, accompagner sainement les émotions d’un enfant ? Je fais le point dans cet article.

Qu’est-ce que l’hyperémotivité ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’un enfant a plus de difficulté qu’un adulte à comprendre ses émotions et à les canaliser. Tout simplement parce que le cerveau d’un enfant n’est pas mature. La partie qui est responsable des émotions est très développée, et ce qui permet de les canaliser (notamment la raison) se développe progressivement au fil des années. Les crises de larmes, de colère, ou même de peur, sont donc souvent “démesurées” selon notre regarde d’adulte. Pourtant, c’est normal.

L’hyperémotivité concerne les enfants (ainsi que les adultes) qui ont encore plus de difficultés que les autres à gérer leurs émotions. Ils traversent des tempêtes émotionnelles très fortes, ils ressentent de manière très intense chaque émotion, intérieurement comme physiquement. Parfois, une émotion va se déclencher sans que l’on comprenne pourquoi tellement cela peut sembler “peu de chose” à la majorité des gens. L’hyperémotivité est souvent associée à l’hypersensibilité, c’est-à-dire le fait d’être plus sensible que les autres aux émotions et le fait d’avoir du mal à les canaliser.

Pourquoi certains enfants ont-ils plus de difficultés que les autres à gérer leurs émotions ?

Un enfant peut être hyperémotif suite à un évènement particulier, ou de manière plus constante. Qu’est-ce qui influe sur les émotions d’un enfant ? Il y a tellement de facteurs… En voici quelques uns :

  • la fatigue : un enfant qui manque de sommeil a moins d’énergie pour gérer ses émotions,
  • l’environnement : si l’enfant grandit dans un environnement où il n’est pas sécurisé (un parent qui boit, des parents qui se séparent et se disputent la garde…), où le quotidien est précaire (risque d’être renvoyé dans un autre pays, ou de manquer de nourriture), alors il peut ne penser à rien d’autres qu’à la peur qu’il ressent, ou à la tristesse,
  • la santé : une alimentation trop sucrée favorise un état d’excitation et donc des difficultés à gérer ses émotions. Il en est de même pour les enfants qui ne pratiquent pas d’activité physique qui permet d’extérioriser physiquement et de canaliser l’énergie du quotidien ainsi que les tensions,
  • un traumatisme : un accident, un divorce, la guerre, le décès d’un proche…
  • les gènes : même s’il n’y a pas de fatalité et qu’une tendance peut être inversée, la capacité à vivre et à gérer les émotions peut se transmettre à ses enfants. Ainsi donc, un enfant ayant un ou deux parents qui ont tendance à être hyperémotifs aura plus de chance de l’être aussi,
  • la précocité : un enfant qui a une capacité à comprendre le monde et à l’analyser de façon plus rapide et intense que les autres a généralement plus de difficultés à gérer ses émotions,

Ce ne sont que quelques éléments, parmi d’autres, qui permettent de comprendre pourquoi un enfant peut avoir plus de difficultés que les autres à gérer ses émotions. Comprendre la cause permet parfois de changer des choses afin d’atténuer ou de faire disparaître certains facteurs. Mais parfois, cela permet simplement de mieux comprendre son enfant afin de mieux l’accompagner. Si vous souhaitez approfondir ce sujet pour mieux accompagner votre enfant, notre programme “Des émotions apaisées pour bien se concentrer” est fait pour vous.

5 conséquences de l’hyperémotivité dans les apprentissages ?

Que l’enfant ait des difficultés à gérer ses émotions de manière occasionnelle ou qu’il s’agisse d’une hyperémotivité plus générale, cela a des conséquences sur ses apprentissages :

  1. Lorsque l’enfant traverse une phase émotionnelle intense, il ne peut pas se concentrer sur une tâche. Ses émotions prennent toute la place et son cerveau ne peut pas, techniquement parlant, penser à autre chose. Donc l’enfant ne peut pas se concentrer ni sur une leçon, ni sur une consigne, ni sur un exercice. Ce n’est ni de la mauvaise volonté, ni de la provocation, et encore moins du je-m’en-foutisme.
  2. L’hyperémotivité peut faire perdre tous ses moyens à l’enfant : un enfant peut travailler de manière efficace lorsqu’il est dans son environnement sécurisé (chez lui, avec ses objets, dans sa chambre, etc.) et perdre tous ses moyens dès qu’il est entouré des autres. Le regard des camarades à l’oral, la peur d’échouer devant une copie, l’impression d’avoir tout oublié… Certains enfants sont donc en difficulté dans leurs apprentissages, voire même en échec scolaire parce qu’ils n’arrivent pas à gérer leur stress.
  3. L’enfant a tendance à se dévaloriser : si l’adulte lui demande plusieurs fois de se concentrer et qu’il repart dans ses pensées, ou qu’il relit dix fois une phrase sans la comprendre, ou qu’il avance lentement, l’enfant va remarquer qu’on le juge. Il va se comparer aux autres, il va essayer de faire mieux sans y arriver et croire qu’il n’en est pas capable ou même qu’il est nul.
  4. Cela demande énormément d’énergie à l’enfant : quand un enfant entend à longueur de journée qu’il devrait être capable de se retenir de pleurer, qu’il s’énerve pour rien, qu’il n’y a que les bébés qui s’excitent comme ça, alors il va tout faire pour lutter contre ses émotions. Non seulement il ne va pas réussir à les bloquer, mais en plus de cela, il déploie toute son énergie à essayer… pour rien. Déjà, accepter une émotion intense, c’est fatiguant, mais quand en plus on essaie de la canaliser en vain, c’est épuisant. Les enfants qui ont des problèmes à gérer leurs émotions sont souvent très fatigués, et un enfant fatigué à du mal à se concentrer et à travailler. C’est un cercle vicieux qui se met en place.
  5. L’enfant va avoir tendance à s’isoler : les enfants n’aiment généralement pas jouer avec des camarades qui pleurent “pour rien”, qui se fâchent “tout le temps” ou qui ont peur “pour tout et n’importe quoi”… Les enfants hyperémotifs sont donc souvent incompris et mis à l’écart, voire moqués et rabroués. Difficile d’avoir le cœur à l’ouvrage dans un tel contexte.

Comment aider l’enfant à apaiser ses émotions et à mieux vivre les apprentissages ?

  • Le déculpabiliser : être sensible et vivre des émotions intenses n’est ni une maladie, ni un problème, ni “mal”. On est comme on est.
  • L’aider à accepter les émotions qui le traversent : Plus on lutte contre ce que l’on vit et ce que l’on ressent, plus les émotions seront fortes et intenses. Dites à votre enfant que s’il ressent ce qu’il ressent, c’est qu’il y a une raison. Plutôt que de luter contre l’émotion, il vaut mieux l’accepter, la nommer, et essayer de comprendre ce qui l’a déclenchée.
  • Découvrir les déclencheurs : en tant que parent, notez les éléments visibles et invisibles que vous connaissez qui ont entouré une crise émotionnelle intense chez votre enfant. À force de noter à chaque situation, vous trouverez des points communs. Vérifiez ensuite si ces éléments sont bien déclencheurs d’une nouvelle crise. Par exemple, pour Djanaé, notre fille, nous avons noté qu’elle pleurait très facilement le soir lorsqu’elle avait passé du temps avec d’autres enfants. Nous avons compris au bout de plusieurs mois que l’interaction avec les autres enfants lui demandaient énormément d’énergie parce qu’elle cherche tout le temps à s’adapter aux autres. Au bout d’un moment, elle craque. Quand elle était plus jeune, nous lui proposions au bout d’un moment un temps calme où elle pouvait jouer seule avant de retourner avec les autres. Aujourd’hui, elle sait de plus en plus repérer lorsqu’elle est sur le point de pleurer et elle demande elle-même à s’isoler. Je peux vous aider à découvrir les déclencheurs, grâce à notre programme “Des émotions apaisées pour bien se concentrer
  • Apaiser l’émotion lorsqu’elle se présente : avant toute chose, lorsque l’enfant pleure, crie ou panique, on peut l’aider à s’apaiser. Comment ? Par des exercices simples et faciles qui vont l’aider à calmer son “cerveau émotionnel”. Cela marche par la réceptivité, c’est-à-dire, en recevant une information sensorielle. Prenons un exemple concret : le petit caillou. Demandez à votre enfant de choisir un petit caillou qui lui plaît lors d’une balade. Il doit aimer son toucher. Mettez le petit caillou dans sa poche ou dans sa trousse. Quand l’enfant est en pleine tempête émotionnelle, il peut toucher son petit caillou et se focaliser sur ce qu’il ressent sous ses doigts : la fraîcheur du caillou, l’aspect plutôt doux ou rugueux, s’il y a un petit trou ou une aspérité qu’il aime gratter… en se concentrant sur ce qu’il ressent, son émotion va s’apaiser. Dans le programme “Des émotions apaisées pour bien se concentrer”, je vous propose 12 exercices pour apaiser les émotions lorsqu’elles se présentent.
  • Apprendre à se concentrer : Ce n’est qu’une fois que le cerveau émotionnel est mis au repos grâce à la réceptivité, que l’enfant peut apprendre à se concentrer pour être plus efficace dans ses apprentissages. Dans le programme “Des émotions apaisées pour bien se concentrer”, vous aurez 7 exercices à mettre à la disposition de votre enfant pour l’aider à mieux se concentrer. Ces exercices sont à faire en “entraînement” lorsque l’enfant est calme est apaisé, pour qu’il puisse les mettre en pratique après une tempête émotionnelle.
  • Apprendre à se déconcentrer : C’est l’étape ultime qui permet d’accorder de moins en moins d’importance à une idée ou à une émotion trop envahissante. Cette étape implique de s’entraîner à faire des déconcentrations sensorielles pour ensuite, faire une déconcentration sur une idée trop envahissante, un événement trop prenant ou une émotion trop intense. Je vous propose 6 exercices de déconcentration pour prendre du recul dans notre dans notre programme “Des émotions apaisées pour que votre enfant n’ait aucune difficulté à se concentrer”, je vous propose 12 exercices pour apaiser les émotions lorsqu’elles se présentent.

Quoi qu’il en soit, sachez que l’hyperémotivité n’est pas une fatalité. Il y a des solutions pour les petits et les grands 🙂

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    4 Commentaires. En écrire un nouveau

    • La parenthèse psy
      22 mai 2019 10 h 55 min

      Un super billet qui donne des billes intéressantes, parole de psy !
      L’hyperémotivité peut aussi se transformer en force et en atout, il faut juste bien la gérer avec les astuces vu plus haut dans l’article 😉
      Cette caractéristique m’aide beaucoup dans mon métier, mes émotions me donnent beaucoup d’indices.

      Line de https://la-parenthese-psy.com/

      Répondre
      • Anne-Estelle
        23 mai 2019 8 h 57 min

        Merci beaucoup pour ton retour 🙂 Oui, l’hyperémotivité peut être une force, bien canalisée. C’est pour cela que j’encourage à s’accepter comme on est et à ne pas la voir comme un “défaut” ou un “problème”. Le problème ne vient que si l’on lutte contre et qu’on n’arrive pas à la canaliser. Encore merci pour ton commentaire 🙂

        Répondre
    • Ici l’hypersensibilité se caractérise par une grande frustration face au moindre petit échec. Pas facile à gérer car l’accepter ne sert pas à grand chose. Je l’encourage à accepter ses petites erreurs en essayant de dédramatisant mais l’attitude reste.

      Répondre
      • Ah oui, ma fille est pareille. Ceci dit, je suis pareille aussi. J’ai beau relativiser, j’ai toujours tendance à me dévaloriser très vite. Par contre, je contrebalance ça avec le fait de célébrer chaque victoire, et de me répéter que ma valeur ne dépend pas de ce que je fais mais de ce que je suis. Et ça va 🙂 Et je fais pareil avec Djanaé. Je pense que certaines personnes sont plus sensibles à l’échec que d’autres, mais que le tout est de trouver le positif dans ce qui semble un “raté”. Parce qu’en prenant un peu de hauteur, on réalise qu’il y a toujours quelque chose de positif au milieu 🙂

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