L’IEF en 6 étapes : étape 4 – Les différentes formes d’instruction en famille

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Faire l’instruction en famille, c’est redonner aux parents le premier rôle dans l’éducation de leurs enfants. L’éducation et l’instruction sont intimement liés. Et quoi de plus sécurisant pour un enfant que d’apprendre dans un cadre d’amour, de respect, et d’élévation ? Il existe autant de façons de faire l’instruction en famille qu’il y a de parents. Parce que chacun fait comme il le sent. L’essentiel n’est pas tant la forme mais l’objectif que l’on place derrière : « Que veut-on pour son enfant ? » En répondant à cette question, vous pourrez choisir l’une ou l’autre des 3 formes d’instruction en famille que je vais vous présenter. Je vais vous les décrire, en essayant de faire ressortir les avantages et les inconvénients, afin que vous puissiez faire le meilleur choix pour votre famille. Et si vous hésitez, notre programme « 21 jours pour démarrer l’instruction à la maison » pourra vous guider pas à pas pour trouver VOTRE façon de faire 🙂

NOTE : J’aimerais préciser que les trois formes que je vais vous présenter ne sont pas une classification en fonction du cadre légal français, mais de l’organisation que cela implique pour les familles (dans le concret, comment ça se passe au quotidien).

 

4ème ETAPE : LES DIFFERENTES MANIERES DE FAIRE L’INSTRUCTION EN FAMILLE

 

FORME 1 – L’école à la maison : les cours par correspondance

« Je veux que mon enfant suive le programme classique, mais à son rythme »

Il s’agit de la forme la plus réglementée, la plus « scolaire » et la plus « rigide ». L’enfant suit un programme bien précis (les cours du CNED, KER LANN ou SAINTE ANNE par exemple), a des devoirs à rendre qui sont notés. Il est scolarisé, mais à distance.

Le parent peut rajouter des choses au programme, et enseigner de manière différente. Le parent prend le temps qu’il faut pour que chaque chose soit bien comprise et acquise. Ici, le rythme de vie est assez proche d’une école classique puisque pour suivre le programme il faut délimiter les horaires de travail et instaurer un rythme bien précis.

Avantages :

  • L’enfant suit un programme précis qui lui permet d’obtenir les diplômes d’état (brevet des collèges, bac) et d’intégrer n’importe quel établissement en cours de scolarité.
  • Facilité pour le parent qui révise en même temps que l’enfant et qui n’a qu’à suivre le programme étape par étape. De plus, le parent est aidé grâce aux corrigés et au regard extérieur sur le travail de son enfant.
  • Lors du contrôle académique, cette forme d’apprentissage est souvent plus appréciée car elle reste la plus proche de celle connue par l’Éducation Nationale.

Inconvénients :

  • Les cours par correspondance ont un coût certain (plusieurs centaines d’euros par an et par enfant)
  • Le rythme est soutenu : l’enfant est certes accompagné et son rythme plus respecté, mais il doit quand même travailler de nombreuses heures par jour
  • Le parent suit le même rythme que l’enfant donc passe beaucoup de temps chaque jour à l’instruction

 

Forme 2 – L’instruction en famille

« Je veux que mon enfant avance à son rythme, selon un programme plus ou moins proche du programme classique »

L’instruction en famille est la forme qui se répand de plus en plus en France. Chaque parent détermine le programme qu’il veut donner à son enfant. Selon les familles, le programme sera plus ou moins proche du programme de l’éducation nationale. En règle général, les parents ne rejettent pas totalement l’enseignement traditionnel, ils veulent juste l’adapter à leur enfant, mettre en place des méthodes plus ludiques ou utiliser d’autres méthodes d’apprentissages qui ont aussi fait leurs preuves (Montessori, Freynet…).

L’Instruction En Famille permet beaucoup de libertés, mais les parents s’investissent en proposant des activités, en proposant des leçons, en incitant l’enfant à s’intéresser à tel ou tel sujet. Si cela se fait naturellement et que les parents s’adaptent aux enfants, alors aucune famille ne pratiquera l’IEF de la même manière qu’une autre, puisque le but est de s’adapter au rythme, aux compétences et à la curiosité de l’enfant.

Certaines familles pratiquant l’IEF sont assez proches du unschooling, et d’autre plus proches de l’école à la maison. Tout est question de dosage dans les programmes que l’on choisit de proposer ou non à l’enfant.

Avantages :

  • L’enfant reste celui qui décide s’il a envie ou non d’apprendre ou de travailler sur telle ou telle tâche : son rythme et son enthousiasme sont respectés et le parent lui fait confiance.
  • Les familles pratiquant l’IEF ont la liberté du programme et de la méthode d’instruction
  • Ça coûte pas trop cher puisque le parent investit dans le matériel qu’il souhaite

Inconvénients :

  • Le parent peut vite se sentir dépassé sans programme à suivre ou par le choix trop important de programmes existant : il faut alors du temps pour chercher et trouver ce qui correspond le plus, faire des mixes entre plusieurs programmes, trouver des idées gratuites sur Internet, etc.
  • Cette forme est en général une transition entre le unschooling et l’école à la maison avec cours par correspondance
  • Même si l’enfant a son mot à dire, il y a quand même un programme à suivre avec des compétences à acquérir avant la fin de l’année et cela peut mettre la pression aux parents, et par ricochet à l’enfant

 

Les lecteurs de cet article ont également lu :  Attention à la surstimulation des enfants : 3 façons d'éviter de les épuiser
Forme 3 – Le unschooling

« Je veux que mon enfant découvre et apprenne par lui-même »

Le Unschooling, l’apprentissage libre ou « Non scolarisation » (si on devait traduire en français) est la forme la plus « libérée » d’instruction en famille. En fait, il s’agit plutôt de ne pas faire l’école. Ici, pas de méthode scolaire, pas de programme, pas de devoirs, pas besoin de mémoriser, pas de notes. Le but est de faire confiance à l’enfant pour découvrir et apprendre grâce à une vie remplie d’opportunités et d’expériences.

Le parent n’est pas un enseignant : il est présent pour répondre aux questions de l’enfant, et lui proposer de quoi découvrir et élargir ses horizons. C’est l’enfant qui détermine ce qu’il veut apprendre et découvrir au fur et à mesure qu’il avance, et l’essentiel de ses connaissances se créent par nos réponses puis par les réponses qu’il trouve lui-même. On n’impose rien à l’enfant pour ne pas casser sa soif et son désir d’apprendre. En revanche on le stimule en lui proposant des choses à explorer à découvrir. Et quand l’enfant montre un intérêt pour une connaissance ou un savoir, on lui propose des éléments qui vont l’aider à apprendre.

Avantages :

  • L’enfant est libre et expérimente la soif d’apprendre et de comprendre grâce à un enthousiasme jamais bridé.
  • Les parents n’ont aucun programme à faire ou à suivre, ils avancent en fonction de l’enfant et l’aident simplement à lui donner réponse et à cultiver son enthousiasme : il n’y a pas de moment pour apprendre et des moments où on n’apprend pas. Il n’y a que des choses intéressantes, amusantes, fascinantes. La vie est pleine de possibilités partout.
  • L’enfant développe des capacités incroyables en autonomie et en créativité
  • Style de vie peu onéreux

Inconvénients :

  • L’enfant est à l’écart du niveau classique et aura peut-être (je dis bien « peut-être ») plus de difficultés à intégrer un programme ou un établissement s’il souhaite avoir un diplôme
  • C’est un style de vie encore assez rare en France et assez incompris (voir critiqué) ce qui a tendance à limiter les relations des familles pratiquant le unschooling avec d’autres familles pratiquant un autre mode d’instruction en famille. Du coup les parents mais aussi les enfants peuvent parfois se sentir isolés, ce qui est vraiment dommage.
  • Le parent doit toujours s’assurer que l’enfant à la possibilité de développer ses centres d’intérêt et veiller à remarquer les nombreuses possibilités d’apprentissage autour de lui. C’est une façon de penser qui doit être complètement transformée. Une fois que c’est fait, cet inconvénient se transforme en avantage certain ! Mais ça reste un investissement en temps, en disponibilité, en créativité…
  • C’est une forme d’instruction qui est très peu comprise par l’Éducation Nationale, car hors du cadre habituel. Ce qui entraîne souvent des échanges voire des contrôles pédagogiques plus « tendus ».

 

Les trois formes que je viens de décrire sont très brièvement présentées. Chaque famille fait un peu à sa sauce, selon ce qui l’arrange et ce qui convient le mieux. Et c’est bien 🙂 N’hésitez pas à piocher ce que vous trouvez de bon et à l’adapter à votre famille. Peu importe le nom que vous donnerez à votre manière de faire l’instruction en famille : ce sera simplement votre style de vie, il sera unique et bon pour vous ! Et pour vous aider à aller encore plus loin, notre programme « 21 jours pour démarrer l’instruction à la maison » a été spécialement conçupour vous aider à dessiner votre propre projet d’instruction à la maison et à le mettre en place en douceur. On vous attend de l’autre côté !

 

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Ressources :

2 Commentaires. En écrire un nouveau

  • Bonjour,
    Votre titre est trompeur et entretient une confusion manifeste entre instruction à domicile et instruction en famille. Il s’agit de deux réalités qui co-existent mais qui ne sont pas assimilables puisque le cadre légal les distingue très clairement.
    Il existe trois façons d’instruire son enfant à domicile : CNED réglementé – cours par correspondance privé – instruction en famille. Concernant l’instruction en famille, il existe une multitude de façons de la mettre en oeuvre, mais les cours par correspondance n’en font pas partie. Le cadre légal et administratif diffère, les confondre est une erreur.
    L’instruction en famille peut être de l’école à la maison sans pour autant qu’il y ait recours à cours par correspondance.
    Le unschooling, c’est de l’instruction en famille 😉 Dire que les familles unschoolers sont socialement isolées et que les enfants ne peuvent pas intégrer sereinement le cursus scolaire par la suite est une idée reçue non fondée sur la réalité.
    Les diplômes d’Etat ne sont pas réservés aux enfants qui sont inscrits à un cours par correspondance ! Les enfants instruits en famille avec une pédagogie différente, y compris dans le cadre du unschooling, peuvent passer et réussir le brevet et le baccalauréat.
    Ce n’est pas la première fois que je remarque des approximations sur votre site, mais cette fois-ci, je n’ai pu résister à vous en faire part 😉 Gagner sa vie avec le blogging et le vlogging est une chose intéressante, mais c’est mieux quand on le fait sur des sujets que l’on maîtrise et avec lesquels on a une réelle expérience 😉
    Bonne continuation.

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    • Bonjour Sophie,
      Merci pour votre commentaire, qui me fait prendre conscience que je n’ai peut-être pas été assez claire dans mes explications.

      Effectivement, je suis partie du principe qu’instruction en famille et instruction à domicile étaient deux manières de décrire le fait que l’enfant n’est pas inscrit dans une école physique.
      Partie de ce principe, j’ai détaillé 3 manières de faire l’instruction à domicile, de manière la plus simple possible :
      – l’école à la maison avec cours par correspondance (et j’ai regroupé volontairement tous les cours par correspondance puisque dans le fonctionnement à la maison c’est le même type d’instruction)
      – l’instruction en famille où on élabore son propre programme (donc oui, j’emploie le même terme « instruction en famille » pour tous les types d’instruction à la maison, et pour distinguer aussi le fait de créer son propre programme… d’ailleurs, je le spécifie dans la vidéo)
      – le unschooling se distingue du point précédent parce qu’il n’y a aucune programme.

      Du coup, je peux comprendre que ma hiérarchisation ne vous plaise pas, mais elle était volontaire, en rapport à la manière d’instruire et à l’organisation que cela engendre au sein de la famille.

      Enfin, je voulais préciser aussi (et si vous aviez vu les vidéos vous l’aurez vu) que je pratique moi-même le unschooling, donc si mes propos vous font croire que j’émets un avis négatif, alors j’en suis bien désolée. Mais à aucun moment je n’ai dit que les unschoolers étaient isolés. Ni même qu’ils ne peuvent pas ré-intégrer un système classique par la suite. J’ai juste dit que ce serait peut-être plus dur, parce que quand on a la chance d’être libre d’apprendre quand et comme on veut, ça demande de s’adapter pour être moins libre.

      Voilà, j’espère que mes explications vous aideront à mieux comprendre ma façon de voir les choses. Sans les juger…

      Répondre

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